Losa : un site gallo-romain

Lampe à huile en terre cuite

Lampe à huile en terre cuite

Losa : un site de l'époque gallo-romaine situé sur la voie romaine qui reliait Bordeaux à Dax

Losa - Station routière gallo-romaine mentionnée dans l'itinéraire d'Antonin. 

Les études typologiques et les monnaies nombreuses découvertes indiquent une occupation du site du premier siècle avant notre ère à la deuxième moitié du troisième siècle. 

Losa occupe un large plateau à deux mètres au-dessus du niveau de la rivière. Il s'agissait d'une station routière (mansio), relais qui assurait le ravitaillement et le gîte aux voyageurs. Ce relais était positionné le long de la voie romaine littorale qui reliait Burdigala (Bordeaux) à Aquae Tarbellicae (Dax). La voie romaine littorale est répertoriée dans "l'itinéraire d'Antonin". Ce texte antique comprend un inventaire des routes et des stations routières avec l'indication des distances de l'une à l'autre. Le village de Losa y est mentionné, localisé à 7 lieues romaines de Boïos. Cette distance de 15,5km correspond à la position géographique de Sanguinet par rapport à Lamothe (Biganos) où, sur les rives de la Leyre, au sud-est du bassin d'Arcachon ont été découverts les vestiges de la cité des Boïates, peuple qui occupait la région au sud du Bassin d'Arcachon. Cette voie se poursuit vers le lac de Biscarrosse-Parentis qu'elle traverse dans sa partie médiane, avant de continuer vers le sud.

Un temple gallo-romain ou fanum à Losa 

Le village de Losa s'articule autour d'un temple gallo-romain ou fanum, terme latin qui avait à l'origine le sens de "lieu sacré" et qui a été repris dans la littérature archéologique pour désigner les temples de la gaule romanisée. Ces lieux de culte sont caractérisés par une cella quadrangulaire (salle carrée dédiée au dépôt d'ex-voto ou d'offrandes pour attirer l'attention des dieux), pourvue d'une porte centrale et entourée d'une galerie, enfermée dans une enceinte carrée. Le fanum de Losa est une construction de plan rectangulaire (L : 11,70m, l : 9,45m), avec une entrée orientée vers l'est, un vestibule, une galerie de circulation faisant le tour de la cella (côté : 2,60m). Les fondations ont été réalisées à partir de blocs de minerai de fer local aussi appelé "fer des marais" et reposent sur une assise naturelle d'alios.

Les "longs ponts" de Losa

Pour atteindre le village de Losa, la voie romaine littorale devait franchir une zone basse, stabilisée par des pieux, actuellement entre 7 et 8m. L'ensemble de l'ouvrage de franchissement s'aligne parfaitement sur la voie identifiée à terre. Trois pirogues monoxyles en pin ont été découvertes dans la vase à proximité de ce premier pont. Un second ouvrage de franchissement se déploie à une centaine de mètres à l’Est du premier. Elle correspond à une seconde voie de passage en fonction de la montée des eaux.

Depuis sa découverte en 1970, ce site a fait l’objet de prospections, sondages et fouilles. L’ensemble des travaux archéologiques menés sur le site de Losa se sont achevés en 1988.

Le mobilier archéologique découvert sur le site est abondant (céramiques, monnaies, bijoux). L'étude de la densité des tessons céramiques a permis de définir des zones d'habitat. La production, le stockage de goudron et de poix est attestée par d'énormes jarres ou dolia découvertes et contenant des résidus de dépôt goudronneux. Pesons de métiers à tisser, hameçons, fusaïoles, mortiers, biberon ou guttus, lampe à huile évoquent la vie quotidienne. Des chenets à têtes de béliers à fonction cultuelle, indique la pratique du culte privé. Parmi les poteries les plus originales, figurent des jattes à anses internes, récipients à fond plat, destinés à la cuisson des aliments comme semble l'indiquer des traces de suie sur la paroi externe du fond. Ce type d'objet est également attesté sur le site pré-romain de l'Estey du Large, positionnée en aval le long de la rivière.

En savoir plus sur l'Itinéraire d"Antonin http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1030814

En savoir plus sur les " Longs ponts de Losa